Tuesday, June 5, 2012

To my daughter By Victor Hugo.With the original french version:A ma fille de victor hugo

Gabriel Picart Art

To my daughter
Victor Hugo
Paris, octobre 1842.
translated by Geoffrey Barto

Oh my child, you see, I submit myself.
Do as I: see the far-off world;
Happy? no; triumphant? never;

Be good and sweet, and raise up a pious forehead.
Like the day in the heavens sets its flame,
You, my child, in the blue of your eyes
Put your soul!

Nothing is happy and nothing is triumphant.
The hour is for all a thing incomplete;
The hour is a shadow, and our lives, child,
Consists in it.

Yes, of their fate all men are weary.
For being happy, for all - morose destiny! -
All has been missing. All, that is to say, alas!
Very little.

That very little is that which, for its part,
In the universe all seek and desire:
A word, a name, a little treasure, a look,
A smile!

Gaiety is lacking for the great but loveless king;
A drop of water is lacking for the desert immense.
Man is a well where the void forever
Returns anew.

See these thinkers that we idolize,
See these heroes whose spirit dominates us,
Names by which our somber horizons
Are illuminated.

After having, like a torch,
Dazzled all with their countless rays,
They went on to seek in their graves
A little shade.

The sky, which knows our ills and our sadness,
Takes in pity our vain and ringing days.
Each morning, it bathes in its tears
Our dawn.

God lights the way, for each as we walk,
Upon that which is, upon that which we are;
A law comes out for these things here-below,
And for man.

This holy law, it must be followed,
And here it is, any soul can attain it:
To hate nothing, my child; to love all,
Or to pity all.

The original French Version

A ma fille
Victor Hugo

O mon enfant, tu vois, je me soumets.
Fais comme moi: vis du monde éloignée;
Heureuse? non; triomphante? jamais.

Sois bonne et douce, et lève un front pieux.
Comme le jour dans les cieux met sa flamme,
Toi, mon enfant, dans l'azur de tes yeux
Mets ton âme!

Nul n'est heureux et nul n'est triomphant.
L'heure est pour tous une chose incomplète;
L'heure est une ombre, et notre vie, enfant,
En est faite.

Oui, de leur sort tous les hommes sont las.
Pour être heureux, à tous, -- destin morose! --
Tout a manqué. Tout, c'est-à-dire, hélas!
Peu de chose.

Ce peu de chose est ce que, pour sa part,
Dans l'univers chacun cherche et désire:
Un mot, un nom, un peu d'or, un regard,
Un sourire!

La gaîté manque au grand roi sans amours;
La goutte d'eau manque au désert immense.
L'homme est un puits où le vide toujours

Vois ces penseurs que nous divinisons,
Vois ces héros dont les fronts nous dominent,
Noms dont toujours nos sombres horizons

Après avoir, comme fait un flambeau,
Ébloui tout de leurs rayons sans nombre,
Ils sont allés chercher dans le tombeau
Un peu d'ombre.

Le ciel, qui sait nos maux et nos douleurs,
Prend en pitié nos jours vains et sonores.
Chaque matin, il baigne de ses pleurs
Nos aurores.

Dieu nous éclaire, à chacun de nos pas,
Sur ce qu'il est et sur ce que nous sommes;
Une loi sort des choses d'ici-bas,
Et des hommes!

Cette loi sainte, il faut s'y conformer.
Et la voici, toute âme y peut atteindre:
Ne rien haïr, mon enfant; tout aimer,
Ou tout plaindre!

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